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14.10.2007
Atelier : Les enjeux éducatifs et culturels

Aujourd’hui les citoyens aspirent de plus en plus à vivre une existence qui offre une large place à la culture : univers culturel que chacun se construit chez soi ou dans l’espace public. Les aspirations sont à la fois très individuelles et très sociales. Les frontières entre les différents genres culturels disparaissent peu à peu. On peut aimer la musique classique, le rap, le rock et la variété. Cela est également vrai pour le spectacle vivant, la littérature ou le cinéma.
Un projet municipal dans sa dimension culturelle repose d’abord sur des idées : la liberté, l’épanouissement de chacun, la possibilité de comprendre le monde et les autres, l’émancipation de la personne et l’exercice de l’esprit critique.
Face à de tels défis, la population de Quimper et de la communauté d’agglomération attendent une nouvelle impulsion politique : en clair une direction, une stratégie et un bouillonnement à la hauteur des enjeux
La problématique est centrée autour des questions suivantes :
->Comment la collectivité peut-elle aider à répondre au désir d’une cité rayonnante et vivante sur le plan culturel ? (équipements, aménagements …)
->Comment associer tous les acteurs dans une dynamique commune ?
->Comment permettre à chacun de trouver sa place et des réponses à ses aspirations dans une perspective collective ?
->Comment concilier intérêt général et diversité des publics ? Comment permettre notamment, à la jeunesse dans toute sa diversité, de trouver sa place ?
->Comment faire revivre le centre de Quimper, notamment le soir ? Comment supprimer les frontières révolues entre le centre et les quartiers, entre Quimper et les autres communes de l’agglomération ?
->Comment éducation et culture peuvent-elles devenir des moteurs du développement notamment sur le plan économique, de Quimper, de l’agglomération et du pays de Cornouaille ?
19:05 Publié dans Municipales 2008 | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Commentaires
J’entends depuis quelques temps un discours inquiétant sur une forme d’opposition dans les pratiques culturelles. Effectivement, pour les uns « la culture populaire », pour les autres, « la culture élitiste ».
Selon moi, dans cette pseudo opposition, une dimension fondamentale et fondatrice est pleinement occultée, qui est la subjectivité. En effet, sans parler de l’art abstrait, une création artistique, par exemple, un tableau, au premier coup d’œil peut paraître anodin, mais revêt fatalement une autre ampleur après des explications simples sur le contexte de sa réalisation, sur le jeu des couleurs, des ombres, le message porté par l’artiste. Les valeurs profondes inhérentes à chacun, la sensibilité, l’inconscient, l’imaginaire vont travailler et vont nous attirer ou pas vers tel ou tel œuvre.
Car en réalité, ce mauvais procès cache une véritable confrontation entre le pré carré intellectuel, le préconçu et l’éclectisme, la pluralité et les contradictions dont nous sommes tous les doux esclaves. Car tout d’abord, l’acceptation de nos conflits internes, et ensuite leur mise en perspective dans une articulation partageuse, nous permettent de rompre les barrières de ce mirage de contradiction, pour accéder à une forme d’universalisme.
Je fais par exemple l’aveu (honteux?) d’avoir aimer le film « Titanic », parfois facile, mais juste dans la rétrospective historique et avec c’est vrai de « très belles images », des grandes scènes épiques qui peuvent marquer les esprits amoureux…Pourtant, œuvre hollywoodienne s’il en est, au budget de, malheureusement, certains pays d’Afrique. Parallèlement, j’ai tout autant vibré devant « Rosetta » des frères Dardenne, cinéma soi disant intello, de « bobos », pour réajuster au vocable actuel. Il ne s’agit pas ici de s’extasier devant la cuisson d’un œuf filmé dans son intégralité, mais plutôt dans cette lente torpeur, avec la misère sociale comme contexte du film, d’y voir une précarité filmée avec une rare violence.
Simplement, « Titanic » (ou "Ratatouille" pour d’autres…), comme « Rosetta » m’ont touché tous les deux, différemment, mais intensément et en « allant vers » mes contradictions internes. Simplement, si on estime appartenir à l’un ou l’autre des deux milieux, on va s’empêcher d’aimer "Titanic" pour ne pas être «un beauf », ou d’aimer "Rosetta" pour ne pas être un « bobo ». Dans ce pré carré, ce cloisonnement, je suis les deux, ou aucun des deux. L’acceptation de nos propres différences et son articulation permet systématiquement l’ouverture à soi, puis aux autres. Et quel bonheur de s’extasier pour peu…
De fait, selon moi, il n’y a pas plus détestable que des termes comme « culture de masse ». Ses dérives sont l’opposition à l’ouverture que j’évoquais précédemment, car il signifierait que l’ouvrier moyen ne peut aimer que Jean Marie Bigard (et je n’ai rien contre lui, à part bien sur sa Sarko-compatibilité…). C’est ici pire qu’un dogme, c’est une fatalité, un fait figé, opposé au mouvement dont le cerveau, l’âme et le cœur humain sont généreusement capables. Je crois donc en une diversité des choix, car nous ne sommes, et c’est bien tout notre drame, que des hommes…
Ecrit par : jean marc | 18.10.2007
La question n'est pas celle du choix des oeuvres, mais de la manière par laquelle on peut les voir. Titanic, pour reprendre l'exemple n'est pas critiquable en soi, surtout vu au cinéma (vaut-il mieux le voir dans un UGC ou un MK2 ? ;)))
Par contre, le voir sur TF1, parce que l'on ne regarde que TF1 pose un vrai problème. TF1 ou n'importe quel autre média, à partir du moment où l'on ne voit que celui là. C'est la question de l'esthétique et du contenu de l'information véhiculée... Ne voir le monde qu'à travers Télérama ou Arte poserait le même problème que de regarder continuellement TF1 (même si on en sort moins con tout de même). La culture ne peut s'entendre que par la diversité...
Ecrit par : marsiho | 01.11.2007
J'adhere tout à fait à ton propos et n'avoue ne pas saisir les points de divergence. Tout comme toi, j'estime que la diversité est la cléf de voute de l'expression culturelle, ce que j'exprime d'ailleurs dans la conclusion du premier commentaire.
Effectivement, ne regarder QUE TF1 ou que ARTE n'ouvre pas à la pluralité (en particulier pour le premier exemple, c'est clair). Mais il existe une télécommande, des cinémas, des theâtres, des musées, des livres, bientôt une médiathèque...Donc, chacun est ainsi libre de ses choix télévisuels, culturels. C'est en ce sens que la subjectivité et la liberté de choix sont cruciales et répondent à l"opposition systématique" stérile.
La question de l'intervention politique pour permettre à tous une multiplicité de choix est essentiel, pour opposer les points de vue, confronter les idées et assurer une émancipation individuelle visant le bien collectif. Au niveau local, de nombreuses villes s'y essaient.
Maintenant, plus largement, comment empecher les individus de ne regarder massivement que TF1? Pas avec un CSA tel qu'il est composé aujourd'hui. Le problème n'est pas "de servir la soupe", mais qui assure le service et quelles sont leurs valeurs.
La diversité cuturelle est une mission d'utilité publique et au niveau national, en effet, n'est pas assurée. Mais même dans les agglomérations bien plus vastes, la diversité existe et pour autant, certains font le choix de l'unicité.
Notre champ d'action ne réside donc pas en l'opposition de certaines structures dites "puissantes" (utiles ou du moins jugés comme à bon nombre) et une culture plus confidentiel, et pourtant souvent d'une rare richesse. Mais plutôt de s'assurer que chacun a les outils necessaires dans la sphére individuelle du choix.
Ecrit par : jean marc | 01.11.2007






